Jalousies (Denise Lachaud)_ Fiche de lecture_
- Molluscum Contagiosum

- 23 nov. 2025
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L’ouvrage a été édité en 1998. C’est vraiment un bouquin de psychanalyse assez grand public, pas vraiment difficile à lire, quand bien même certains passages sont très théoriques – ou plutôt reprennent la théorie freudo-lacanienne pour éclairer des idées de l’autrice. Le parti prit est d’éclairer le sentiment de jalousie, assez commun, avec la clinique psychanalytique. Beaucoup de passages sont très éclairants, très parlants. Ainsi, il y aura beaucoup d’extraits bruts.
Chapitre 1 : Sources d’une émotion
Freud repère trois types de jalousie :
- la jalousie concurrentielle ou normale
- la jalousie projetée (projection d’un désir de tromper refoulé)
- la jalousie délirante (désir d’infidélité est tourné vers un partenaire du même sexe que le sujet)
Ce que nous comprenons, c’est que la jalousie est liée au désir, et donc au manque. Autrement dit, il y a quelque chose d’extrêmement narcissique dans la jalousie. Pour l’autrice, la jalousie pourrait être une manière de pervertir le désir jusqu’à l’anéantir. Vis-à-vis du manque : « si la jalousie atteint ce narcissisme, c’est peut-être moins parce que ‘moi je suis moins bien que l’autre’, que parce que l’autre a, dans mon imaginaire, ce que je n’ai pas. Autrement dit : si je possédais ce que j’imagine ne pas avoir, alors image sans trou et sans manque, je serais l’autre : mieux, je rejoindrais la Chose-Toute. » C’est-à-dire de manière simple, que le manque est vécu comme un drame, et que l’Autre est parallèlement perçu comme complet ; on prête à l’autre une complétude qui nous fait défaut, et cette vision imagée – idéalisée – de l’autre se vit comme une agression, renvoyant à l’incomplétude structurelle rejetée. Autrement dit, nous pourrions dire que la jalousie est un symptôme très psychanalytique, tant il suggère une clinique du manque et de l’objet a. Comprendre que l’Autre est barré, c’est-à-dire tout aussi manquant que lui, est pour le Sujet la voie analytique qui pourra le sortir d’un schéma jaloux, d’un rapport à l’autre structuré autour d’une économie imaginaire.
Ainsi, la jalousie révèle que, pour le Sujet, il y a un défaut narcissique, une assise imaginaire défaillante. La jalousie, c’est la réactivation permanente d’un miroir : le Sujet jaloux interroge sa propre identité à travers l’autre. « Lacan précise que c’est dans une identification à l’autre, plus encore que dans une rivalité avec lui que le sujet se trouve interrogé sur sa position de sujet, sur la possibilité de son abolition liée à la mise en jeu de son désir. » Pour la femme jalouse, il y a une interrogation inconsciente de sa propre féminité à travers l’autre féminin. Et pour l’homme, sur sa masculinité.
Autrement dit, nous comprenons également comment l’identité du Sujet et son désir sont liés : le désir dit quelque chose du sujet ; ainsi, sa mise en jeu, la confrontation avec celui-ci, quand l’image du Moi est fragile en somme, provoque un sentiment d’annihilation totale. Se confronter à son désir, c’est prendre le risque d’un débordement, d’une implosion du Moi. Il faut bien comprendre ici les différentes couches du Moi : l’image fragile d’un Moi imaginaire d’un côté, et le sujet de l’inconscient de l’autre. Le sujet jaloux ne veut rien savoir de son désir inconscient pour préserver son image déjà fragile.
Selon l’autrice, c’est bien autour du manque originel qu’il faut percevoir la jalousie, autour de la perte constitutive au Sujet. Pour le dire simplement, le petit être dans la fusion parentale se voit devenir Sujet par l’action du renoncement, de la perte - du sevrage même. Fin de l’allaitement, prise de conscience de soi dans le miroir, de soi et des autres, de l’altérité donc. La jalousie serait à penser autour de ce traumatisme originel donc, d’une difficile reconstruction autour de cette perte ontologique. Et d’une manière assez intéressante, on comprend que ce que le Sujet a aimé, il l’a vu disparaître, ce qui continue d’expliquer comment le désir peut s’apparenter à un danger chez le sujet jaloux, voire même à la mort et au besoin de le faire disparaître :
« L’oralité se déploie ici dans tous ses registres. L’enfant mord, déchire ; façon comme une autre de faire disparaître l’objet… parce qu’il l’aime. Lorsque nous aimons une pomme, en effet, nous la mangeons ; elle disparaît. Pour l’enfant, s’établit une équivalence : mordre > aimer > manger > faire disparaître > détruire. Pour l’adulte, aimer = détruire. »
Ici, nous voyons tout le potentiel analytique d’un envers de la jalousie, mais que nous ne développerons pas : les troubles alimentaires.
La jalousie est donc une sorte de conséquence de la perte originelle, de la souffrance primordiale. Dans la symbiose infantile, l’enfant est à la place de l’objet qui manque à « la mère », et sa présence produit un Tout imaginaire. Evidemment, dans cette logique, l’autre-rival, celui par qui la dé-fusion opère, est la source de tous les intérêts : chez le jaloux, il y a une haine/passion pour l’autre-rival qui laisse sans voix, une forme d’obsession pour lui. L’autrice fait une distinction entre les structures hystériques et obsessionnelles, qui donnent des réactions différentes. « Pour l’hystérique, une fois le sentiment de jalousie engendré, la guerre est déclarée. Les pulsions se déchaînent de la façon la plus archaïque, la plus brutale. Leur rapport à la Chose est, très manifestement, de haine. L’obsessionnel vit ce sentiment sur le mode de l’abandon. De l’autre qui le trompe, souvent, il ne veut rien voir ou entendre (…) ; il s’effondre. »
L’autre-rival, c’est évidemment bien souvent le frère ou la sœur dans un premier temps, celui qui vient prendre la place de l’objet totalisant pour les parents, celui qui vient voler le sein.
« Dans la jalousie, le sujet est frustré d’un objet imaginaire puisque idéal – d’un objet présent, attentionné, entretenant un lien permanent, etc. L’autre donne au rival qqchose qu’il refuse au sujet, ou trouve chez le rival ce qu’il ne trouve pas chez le sujet. Du sein au territoire, le pas sera vite franchi. Cela pourra se traduire pathologiquement par la peur qu’on lui prenne sa place, qu’on lui prenne sa femme, son emploi, son pays. D’où la xénophobie. Peur de l’étranger. Peur de l’Autre. »
Chapitre 2 : La jalousie et son interprétation
Lacan : « La jalousie, dans son fond, représente non pas une rivalité vitale mais une identification mentale. » Autrement dit, pour Lacan, la constitution du moi se fait par identification à l’image de l’autre, c’est très central dans son enseignement. Nous comprenons que la jalousie est donc « un symptôme » d’une identification contrariée, pour le dire simplement, où l’autre serait supposé complet tandis que le sujet serait manquant.
Le Sujet, nous l’avons vu, se construit à travers la coupure : d’une illusion de fusion avec les parents, le Sujet émerge de par la distinction avec eux, et c’est par identifications que le Moi se construit dans un processus dynamique. En psychanalyse, on dit que le Sujet émerge en entrant dans le champ de l’Autre, c’est-à-dire à travers le langage. Pourquoi ? Parce que la fusion autistique prend justement fin parce que le Sujet est nommé par l’Autre, et parce que cette nomination fait advenir des attentes dans le champ de l’Autre. C’est à travers le langage que le Sujet advient, parce que c’est le langage qui le coupe de la fusion. Autrement dit, nous pouvons facilement le comprendre, tout comme le désir, la parole est pour le jaloux le lieu de l’Autre-bourreau. « Le langage est le premier instrument du mensonge. Le jaloux affirme que la parole ment, que l’énoncé abrite le mensonge. Il n’existe pas de vérité accessible. Celui qui parle ment nécessairement. »
L’autrice va plus loin sur le plan de la fusion. Pour elle, ce qui est en jeu dans la séparation, ce n’est pas tant l’illusion d’une totalité avec la mère, mais bien la séparation d’avec le sein. C’est lui qui est l’objet qui, pour l’enfant, lui appartient, et duquel on le sépare. « L’objet de la jouissance est d’autant plus convoité, comme nous le montre l’hystérique, qu’il est l’objet de l’autre. Jalouissance, dit Lacan : à la fois tension agressive et spectacle d’une jouissance dont l’autre se satisfait. » Cela permet de mettre en perspective ce que nous avions dit plus tôt : l’autre-rival peut représenter celui qui comble le parent, mais aussi et surtout celui à qui on laisse la jouissance de l’objet et qui, par là même, apparaît complet. Et si on le laisse jouir de l’objet, c’est probablement qu’il a quelque chose de plus, qu’il le mérite plus, etc. De plus, on comprend que celui qui ment, celui qui nous prive, c’est aussi l’autre parental, c’est aussi la mère. Autrement dit, « avec l’autre, nous sommes d’abord en guerre. »
Chapitre 3 : Jalousie et sexuation
Chapitre 4 : Je suis jaloux de vous ; je vous aime
« Etre jaloux, c’est être jaloux du Tout. La jalousie est revendication du Tout. C’est investir, de façon imaginaire, une position supposée Toute. »
Etre jaloux, c’est donc refusé l’idée du manque. Nous l’avons vu, le Sujet ne va pas sans l’Autre, puisque la constitution du Moi passe par une identification imaginaire. La jaloux refuse donc le signifiant du manque chez l’Autre, car si l’Autre est manquant, lui-même l’est également. C’est ainsi que nous pouvons comprendre pourquoi chez le jaloux l’autre est un problème. « Dans la jalousie, l’altérité est traquée pour que l’autre ne prenne pas cette dimension d’autre désirant ; qu’à aucun moment n’apparaisse une séparation » nous dit l’autrice, c’est-à-dire au fond que le désir est nécessairement la marque du manque, et donc de l’incomplétude. Le désir de l’autre est à détruire, car il charrie le manque et la destruction de l’image du Sujet.
Avec Lacan, la jalousie se comprend à partir de la logique du pas-tout, c’est-à-dire l’idée que la jouissance n’est jamais entièrement saisissable ni totalisable ; quelque chose échappe toujours, et c’est précisément ce reste qui relance le désir. Dans la jalousie, ce qui importe n’est pas tant l’objet lui-même que la jouissance supposée de l’autre : on jalouse la jouissance que l’on imagine que l’autre tire de cet objet. Autrement dit, ce n’est pas « je veux ce qu’il a », mais plutôt « je veux la jouissance qu’il en tire ».
La jalousie devient alors une manière d’essayer d’éradiquer son propre désir : en voulant récupérer l’objet de l’autre, on espère faire taire le manque, colmater une béance intérieure. C’est comme si le sujet se disait : « si j’avais cet objet, je ne désirerais plus », alors même que le désir ne s’éteint jamais de cette manière. La jalousie constitue aussi une tentative de prise directe sur le désir de l’Autre : il s’agit de saisir ce qui cause le désir de l’autre, voire de prendre sa place dans son rapport à cet objet. Le sujet ne cherche pas seulement à posséder l’objet, mais à obtenir la cause même du désir de l’Autre.
Enfin, si l’objet est à récupérer, c’est parce qu’il révèle au sujet une perte fondamentale. L’objet que l’autre possède vient mettre en lumière ce qui manque au sujet lui-même. La jalousie surgit donc au point où la jouissance de l’Autre devient visible et rend manifeste que quelque chose nous échappe. Récupérer l’objet apparaît alors comme une manière fantasmatique de combler cette perte, de réduire la division subjective.
Nous comprenons également, pour le dire avec des termes très freudiens, qu’étant donné « la défaillance de l’investissement narcissique de l’image du corps propre dans le miroir », le sujet jaloux rejette la castration en investissant un Tout idéal imaginaire phallique que l’Autre est censé lui renvoyer. Ainsi, deux choses : « s’installe la dépendance au regard de l’autre. Le partenaire dévoué serait un garant de l’image parfaite, toute,un soutien du narcissisme. » Deuxièmement, c’est cette même castration rejetée qui vient percuter avec violence le Sujet jaloux, lorsque l’objet qui soutient son narcissisme sembe se dérober. Quand l’être aimé est investi à l’endroit de l’image narcissique, sa susceptible fuite laisse entrevoir l’immensité de l’angoisse charriée par la castration. Nous voyons donc très clairement la problématique du jaloux : d’un côté il a besoin de l’autre pour soutenir un narcissisme fragile, et de l’autre cette dépendance le conduit à se confronter concrètement à la perte. L’Autre, dans son soutien, est aussi nécessairement un ambassadeur du manque.
Chapitre 5 : la jalousie fait femme
En revendiquant le Tout, le jaloux exhibe le manque, nous l’avons compris. Cette problématique du pas-tout est selon Lacan le caractère féminin du Sujet. Bon, tout ça à un peu vieilli, ça ne sert à rien de s’y attarder. Ceci étant dit, pour Freud, la jalousie comporte toujours une dimension paranoïaque :
supposer un rival,
attribuer à l’Autre des intentions cachées,
imaginer une scène où l’on est exclu.
Ce n’est pas forcément une paranoïa pathologique, mais un mécanisme paranoïde : la jalousie construit une fiction persécutive autour de la jouissance de l’Autre. Lacan, lui, parle de jalouissance, nous l’avons dit. Il crée ce mot pour dire que la jalousie n’est pas seulement une douleur, mais aussi une forme de jouissance : on souffre, mais on se nourrit imaginairement de la scène que l’on reconstruit, on jouit de se comparer à l’Autre, et on jouit de souffrir de la perte supposée. La jalouissance, c’est la jouissance de la jalousie, où la souffrance se mélange à une intensification du désir.
« La petite fille renonce à pouvoir un jour satisfaire la mère et se tourne vers le père (…). Soit elle cherche à avoir le phallus comme son père l’a ; dès lors, elle joue au garçon manqué, elle est hystérique ; soit elle cherche à l’être, auquel cas, elle ne l’aura pas et se fera objet pour l’autre. Elle saura être une femme pour un homme, puisque – et cela peut tout à fait paraître légitime, c’est la base même de la théorie freudienne – une femme reste en quête de ce qu’elle imagine lui avoir été refusé. »
Tout ça aussi est un peu daté, même ça nous permet de comprendre que la jalousie peut s’envisager comme une problématique phallique parce qu’elle repose sur une illusion fondamentale : l’idée que quelqu’un possède le phallus, c’est-à-dire qu’il existe quelque part un objet ou une qualité qui garantirait la complétude. La jalousie peut ainsi s’interpréter comme la conséquence de l’illusion phallique : le Sujet pense que quelqu’un a le phallus, et tente coute que coute de l’avoir. Ainsi, « chez une femme, l’autre femme, rivale et privatrice du phallus, réactive un fantasme de l’enfance où la mère est effectivement celle qui l’a privée du phallus. Il y a émergence de la mère archaïque, celle à qui est attribué le pouvoir de priver réellement la fille. Privation réelle d’un objet symbolique. »
Chapitre 6 : Démon de jalousies
« Pourquoi la jalousie est-elle une passion privilégiée, un plus-de-jouir et de souffrir que nous aimons tant ? Mais parce qu’elle sauve, elle défend l’Autre. Il vaut mieux s’en prendre au partenaire qu’à l’Autre ! »
Cette phrase est vraiment importante ; elle va dans le sens d’un refus de la castration. Au fond, défendre l’Autre, c’est éviter de faire face au vide existentiel, au manque constitutif, c’est maintenir l’idée d’un sens, d’un désir à venir compléter un manque. Sans Autre, sans symbolique, ou avec un Autre tout-puissant qui nous opprime, c’est la psychose. Le jaloux n’arrive pas à s’acclimater à son image narcissique défaillante, du fait d’être manquant, et préfère, pour ne pas sombrer, s’en prendre à un petit autre – le partenaire – qu’au grand Autre, c’est-à-dire au fond toutes les lois et les règles qui régissent le monde du Sujet. C’est une manière de défendre l’Autre, et donc soi-même. Au fond, la jalousie, c’est un mécanisme de défense contre ce qui ne peut être symbolisé mais qui nous torture : le fameux trou. « Le jaloux dévoile le défaut radical de symbolisation du lien entre un homme et une femme. » Il n’y a pas de complétude, l’autre n’a pas le phallus et nous ne sommes pas le phallus. Nous ne sommes que manque et vide autour desquels s’est construit le Moi. Cette impossible symbolisation, le fameux « il n’y a pas de rapport sexuel » de Lacan, c’est aussi ce qui fait souffrir le jaloux, qui le rejette en s’en prenant à l’autre-amoureux, en faisant exister un autre-rival qui empêcherait cette symbolisation. L’impossibilité fondamentale est déniée.
Chapitre 7 : Une jouissance de l’écrit
« Un jaloux qui ne cherche pas à savoir n’est pas un jaloux. Le jaloux veut savoir, fût-ce contre la vérité. » Au fond, le jaloux veut jouir de sa jalousie.
Chapitre 8 : Et la cure
« La tentative de retour à ce temps du TOUT illustre les thèses de Freud et de Lacan selon lesquelles le sujet ne peut que s’aimer à travers l’autre – Autre hors-Je -, amour qui n’est fondamentalement que mensonge. »
Ici, on est toujours dans la même logique : le Sujet est dépendant de l’Autre pour construire son image, pour étayer son narcissisme, et de cette dépendance on ne peut que constater le caractère faillible, bancal, de son image, de son Moi. Une construction moïque basée sur une identification est donc nécessairement en partie fausse, mensongère.
« Le jaloux ne supporte pas la satisfaction de l’autre, pas plus que sa jouissance. Il cherche et veut tout. Il cherche à priver l’autre de ce dont il jouit. Autrement dit, le jaloux tend vers le narcissisme total et absolu. Sans faille. » Là encore, nous l’avons déjà vu, en rejetant le manque, le Sujet jaloux ne peut supporter que l’autre jouisse, car cela implique que quelque chose lui échappe. Autrement dit, la jalousie ne peut s’entendre que sur le champ du sexuel, mais bien dans son caractère généralisé : c’est la jouissance de l’autre que le Sujet jalouse. ;
« L’objet l’intéresse tant qu’il reste l’objet qui intéresse l’autre – et non pas parce qu’il lui appartiendrait une fois rapté. L’invitation ou la rencontre est ardemment souhaitée ; lorsqu’elle a lieu, le sujet fait la gueule, n’a rien à dire, gâche sa soirée, voire la fuit ou l’annule. Il refuse le plaisir qu’il brigue en l’autre. Il refuse l’autre, la vie même de l’autre. » Le jaloux veut l’objet que l’autre désir parce qu’il désire le désir de l’autre. Il n’y a pas de place pour autre chose, l’autre étant garant de son narcissisme fragile. L’autre n’existe que pour jongler entre le besoin (soutenir une image du Moi) et le sacrifice (défendre le grand Autre). Ainsi nous comprenons finalement à quel point, pour le jaloux, la jalousie est largement indépendante de cet autre qu’on accuse de provoquer la jalousie. Voire même que tout est fait pour que cet autre active la jalouissance du jaloux.
« Il s’agira, dans une cure, comme dans toute cure, de retrouver les traces, l’écrit qui structure l’inconscient et la réalité psychique du sujet. Re-naître à sa propre histoire. »


